31 mai 2009

les âmes perdues...

Je rentre du boulot ce soir et j'ai envie de déposer ici mes pensées du jour, qui ne sont pas roses aujourd'hui. Depuis plusieurs semaines je me sens mal, je rame, je me débats, je m'enfonce et je bois la tasse. Je me pose aussi beaucoup de questions qui vont dans tous les sens, prenant avis de mes amis, parents et divers psy et médecins...j'en arrive toujours à la même conclusion : où suis-je? où est la femme? comment rester moi-même ? j'ai fais le tour des divers compartiments de ma vie que je dois ordonner, défendre des agressions, affirmer etc... bien je fais des progrès mais ces derniers temps, mon malaise prend une nouvelle tournure qui m'est totalement insupportable... et voilà que je me sens mal au boulot! ben il manquait que ça!

jusque là malgré les difficultés rencontrées tant au niveau de mes hiérarchies, du public qui n'est pas de tout repos( voir précédents posts sur mon lieu de travail) que des horaires impossibles auxquels je tente de survivre depuis maintenant un an et demi (8h-20h+ 1h15 de route environ un jour sur deux, en décalé et en cycles totalement incompréhensibles), et bien malgré tout ça je parvenais à y trouver mon compte. Pourquoi? heu... une sorte de vocation modernisée, un phénomène de "résiliance" bien connu dans les métiers où l'ont cherche à se réparer à travers l'aide apportée à ceux qui souffrent, une profonde croyance dans la bonté de la nature humaine, enfin des trucs comme ça quoi!

aujourd'hui j'ai eu un bug! Je ne veux pas citer explicitement le lieu mais je rappelle que je bosse dans une *rison pour *ineurs (p, m). Il y a pas mal de polémiques autour de ce concept nouveau dans lequel on a introduit de l'éducatif au quotidien dans un milieu jusque là entièrement contrôlé par les instances *énitentiaires (p). Je ne suis pas entré jusque là dans cette réflexion pour les raisons que j'ai cité plus haut et parce que je devais gagner tout bêtement de l'argetn et que le boulot ne court pas les rues... j'ai donc fait en sorte de m'adapter à cette situation peu ordinaire et de m'y engager avec ce que je suis.  On dit souvent que les jeunes sortent plus abîmés de Là qu'en y entrant. J'étais vaguement d'accord avec ce concept qui semble parler de lui même, et je me disais que (mon)notre travail ne changerait pas profondemment la donne mais contribuerait à un mieux.

le Hic voyez-vous, c'est que je me suis trompée d'âmes perdues... j'ai aujourd'hui ouvert les yeux! notre public est certe constitué de jeunes coeurs en mal de cadre, de limite et surtout d'amour! ils sont certes confrontés dans  ce Lieu à ce qu'on pourrait appeler "l'école du *rime(c)". Moi je pensais naïvement qu'effectivement ce conglomérat d'individus en devenir (et au devenir incertain) avait tendance à s'auto-limenter dans l'apolologie de la délinquance... ouais d'accord et là on pourrait encore faire quelque chose (avec beaucoup d'énergie etc...). Mais voilà : je découvre avec stupeur et tremblements, que dans ce "Dallas", ce sont les adultes qui défaillent, qui inculquent la perfidie, la corruption, les enjeux de pouvoirs, à coup de paix sociale contre règlement de compte, à coup de pressions, d'oeilletons qui ferment les yeux et entretiennent voire insufflent le sentiment d'impunité, de toute puissance ou de terreur engendrant la violence...  je ne sais pas si je vais tenir encore longtemps dans cet univers voyez vous, car je viens de voir qui sont les vraies âmes perdues... et ça fait peur!

Posté par winon à 22:12 - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur les âmes perdues...

    de la nécessaire mise en scène

    l'acteur est là, face au public. il tourne le dos au décor et aux figurants. pour rentrer, il a mis son masque, sans ça il ne serait pas là. mais il sait, lui que c'est un masque. il jette des regards inquiets par dessus son épaule. le décor est flippant, les figurants foutent la trouille, d'abord au spectateur, mais aussi un peu aussi à celui planqué derrière son masque. Mais s'il n'était pas là, il resterait quoi? et quand il ne sera plus là, un autre prendra sa place, son masque, et ira aussi à la rencontre, prendra le risque de ne pas être confondu avec les figurants, d'être autre. Parfois on pourrait confondre, mais personne n'est dupe. Ni le masque, ni le spectateur, et surtout pas les figurants.
    Finalement, qui a de la chance là dedans. Les figurants, le masque ou le spectateur?
    je t'embrasse fort winon.

    Posté par nivo, 04 juin 2009 à 22:55 | | Répondre
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